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 ③ ☇ leur essor me soulève en sa fuite endormie. | pv vlad

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Ganymède A. Carys



Saveur Inconnue

Messages : 44 Depuis : 08/05/2017

Situation professionnelle : saveur inconnue. un titre que je ne connais pas mais qui est dorénavant le miens. la saveur, ou la sensation perçue par l'organe du goût. un mélange qui réveille les papilles. titre mystérieux cachant la prochaine prostitution de ma chair.
Situation maritale : célibataire. je n'ai jamais céder aux charmes de quelques créatures humaines. cela ne m'a jamais intéressé à vrai dire. aujourd'hui, j'avoue regretter, ne pas savoir que je n'aurais pu le droit d'aimer, seulement n'être qu'un corps que l'on prend pour quelques sensations chimiques de plaisir pervers.
Situation politique : neutre. autrefois, j'avais une réelle dévotion envers ces hommes et ces femmes issues du gouvernement, mais aujourd'hui, c'est différent. j'accepte ma nouvelle condition, mais malgré tout, je ne peux m'empêcher de me poser des questions.

Age : 21


MessageSujet: ③ ☇ leur essor me soulève en sa fuite endormie. | pv vlad Lun 22 Mai - 15:09


leur essor me soulève en sa fuite endormie.
─ au-dessus du bonheur, ô ruisseau d'harmonie ─
Dorénavant, je comprenais parfaitement l'enjeu de ma situation. Il n'a jamais été question de me valoriser dans mon emprisonnement, non. On ne nous voyait pas comme des artistes à chérir et à continuer à exister de leur passion. On n'admirait pas la beauté des danses et des chansons, ni même on ne profitait des bienfaits des dons de quelques guérisseurs, ici. Au final, nous étions un peu comme des gladiateurs nous aussi. Des hommes et des femmes qui ne verront jamais le jour après avoir commis leurs méfaits. On ne nous condamnait pas à la mort cependant, mais à des choses bien pires encore. Les Berserkers avaient la chance de se sentir vivant. On les vénérait comme des dieux provoquant le chaos dans leur empyrée. Je me souviens encore dans le passé comment le public se comportait à leur égard. Bien sûr, ici, on ne pouvait pas dire qu'on ne nous appréciait pas, mais ce n'était aucunement pour un trait bien valorisant comme la puissance des maîtres dans l'arène. C'était pour notre grâce naturel. Un physique que d'autres ne possédaient pas. Et quel était notre but dans tout ça ? Donner du plaisir. Voilà quelques temps que j'avais compris en quoi cela venait retourner. On devait satisfaire, oui. Mais satisfaire de bas instincts. N'être qu'un corps que l'on prend pour être rejeté ensuite. De la viande que l'on balance aux loups et aux coyotes. Il n'y avait rien d'honorable là-dedans. Nos bourreaux le savaient bien aussi et profitaient de cela pour nous rabaisser d'avantage, nous poussant à croire que cette élégance n'était qu'une malédiction dans ce bas monde. Au final, les seuls gagnants ressortissants à Ashtown n'étaient que les grands monarques de notre royaume qui pouvait posséder une  âme comme on possède un chat ou un chien. Dorénavant, je n'étais plus rien. Depuis ce soir où l'un des gladiateurs avaient gagné et qu'on m'avait offert à lui sur un plateau d'argent. Il ne m'avait fait part d'aucun mot, ne prenant seulement ce qu'il y avait à prendre tandis que je l'avais supplié de me donner une réponse, de me dire quelque chose, considérer un tant soit peu l'être humain qu'il avait brutalisé dans son innocence. Jamais je n'avais pensé que ma première relation charnelle se passerait dans les bras de ce guerrier esclave. À vrai dire, jamais je ne penserais qu'un jour, je serais une Saveur Inconnue. Mais mettons un nom véritable sur notre condition à présent. Celui d'esclave sexuel, de prostitué ; asservi et souillé à jamais.

C'est tourmenté que j'avais donc ainsi fuis le salon où je devais exister en temps normal, me plaignant des tourments qu'avait provoqué le gladiateur en moi. Aucunement désireux de réellement fuir, cela dit. Je voulais seulement trouver un peu l'isolement et certainement éviter de divertir les hommes et les femmes du gouvernement alors que j'avais l'esprit ailleurs. Serais-je seulement capable un jour de rechanter et de danser tout y prenant du désir alors que je savais dorénavant la réelle lumière qui brillait dans leur regard ? Je ne savais pas. Je ne voulais pas y penser, de toute manière. Je voulais la solitude, le calme. Que rien ni personne ne pose leurs prunelles sur mon corps honteux. J'avais de la haine envers le Berserker. Lui qui n'a daigné avoir de la compassion pour ma situation. Il en avait tout simplement profité. Hélas, je me disais que moi aussi je n'avais cherché à le délivrer de ses chaînes du temps où je me trouvais encore libre. Au final, c'était chacun pour soi. Mais peut-être qu'il n'était pas encore trop tard pour être sauvé me dis-je. Et bien plus encore lorsque je perçois cette ouverture. Je me trouve dans le Hall D'Entrée. Il me suffit d'un rien, quelques pas, pour que je me retrouve à l'extérieur et que je retrouve ma liberté. Je pourrais fuir le Temple et qui sait, peut-être même fuir la ville. Mais ne risquais-je pas d'y trouver la mort ? Avais-je seulement peur de mourir ? Non. J'avais avant tout peur d'être à nouveau souillé, perdant à tout jamais l'honneur qui restait encore un peu en moi. Je m'avance donc encore. Saisi par l'excitation et la panique, mon palpitant bas à tout rompre, mais je ne recule devant rien. Je pose ma main sur la porte. Je m'apprête à tirer sur la poignée, mais je suis soudainement arrêté. Des pas résonnent sur le marbre, dans l'allée. Alors je fais volte-face, appuyant mon dos contre la porte et dévisageant l'inconnu qui vient d'apparaître dans mon champs de vision. Inconnu ? Non. Il est loin d'être un inconnu. C'est un Dominus, le Comptable ; aussi appelé l'Insensible. Je suis transi de terreur mais je fais néanmoins un effort incroyable pour courir vers lui avant de tomber à genou devant sa prestance. ≪ - Je... Je ne voulais pas fuir, Monsieur... Je m'étais perdu... Je m'étais seulement perdu... ≫ m'exprimais-je avant d'éclater en sanglots. Finalement, je me disais que je ne voulais pas mourir. Pas aujourd'hui. Mais je ne voulais également pas souffrir, craignant la punition qui risquerait de tomber à tout instant. Est-ce que l'homme voudrait bien croire mes paroles ? J'en doutais terriblement. Il suffisait de le voir ma présence non loin de la sortie et par mon comportement soudain ; celui d'une personne qui se sentait terriblement coupable par ce qu'il venait de produire.
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